Au rythme des saisons

 

Drôle de temps, vous ne trouvez pas ? Y’a plus de saisons ! De quoi parlerait-on entre voisins, s’il n’y avait la pluie et le beau temps ? C’est que, malgré sa banalité, le sujet est d’impor­tance : depuis l’aube de l’humanité, les saisons règlent toutes nos activités en faisant varier l’ensoleillement, la température, les précipita­tions, etC.

En dépit des efforts de l’humanité pour s’affranchir des conditions climatiques, le temps qu’il fait a encore le droit de vie et de mort sur nos cultures. Il provoque des catastrophes (tornades, inondations, verglas…).

II peut aussi nous procurer une intense sensation de bien-être : l’air frais du petit matin, la douceur d’une soi­rée, l’apaisement d’après orage…

« Bon navet se sème en juillet »

Le jardin est l’un des lieux privilégiés où l’on retrouve cette relation primitive au temps qu’il fait, et même au temps tout court.

Toute lactivite du jardinier es rythmee par deux grandes metronomes, le soleil et la terre, maitres des saisons.

La partition s’enrichit meme, pour certains virtuoses du jardin, d’une porte supplementaire : taire : celle correspondant aux mouvements de la lune, censés régler les mécanismes de la végétation.

A l’image des mouvements de la terre, du soleil et de la lune, le temps du jardinier, comme celui du paysan, est cyclique.

A la semence succède la plante et son fruit, puis une autre semence. L’humus issu de la décomposition des cadavres végétaux est une promesse de renaissance.

Le début et la fin se confon­dent. Dans un tel temps, l’ennui n’existe pas.

En revanche, le temps du citadin est linéaire, et donne davantage de prise au doute. Les travaux du jardin doivent être faits en temps et heure.

D’où l’utilité des dictons :

« A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », « Bon navet se sème en juillet », etc. Avec eux, la tradition orale avait inventé d’excel­lents moyens mnémotech­niques ! Et les almanachs, done!

Qu’ils soient basés sur la lune ou les constellations, sur des présages ésotériques, ou autre chose encore, fina­lement, le plus important était qu’ils indiquaient aux jardiniers ce qu’ils devaient faire tel ou tel jour. Un jardi­nier ne doit pas douter : il respecte un cycle immuable. La preuve, on publie toujours beaucoup d’almanachs pour les jardiniers.

« Accidents » climatiques

Depuis l’avènement des sta­tistiques et le développement des réseaux de stations météorologiques, nous avons une vision objective de notre climat. Nous savons que l’ap­partenance à un climat frais et humide n’exclut pas qu’il puisse faire très sec ou très froid.

Il y a, d’une part, le cli­mat moyen de la région, fruit d’un calcul statistique : telle température en moyenne sur l’année, tant de millimètres de précipitations, tant de jours de gel, etc.

Tout ce qui fait que la Haute-Normandie se rattache nettement au cli­mat dit « océanique », carac­térisé par des amplitudes de température relativement faibles en moyenne, des étés frais, des hivers modérément froids, une pluviométrie bien répartie et plutôt abondante. Ces moyennes sont calculées sur un grand nombre d’an­nées.

D’autre part, il y a les « acci­dents » climatiques, qui s’écartent nettement de la moyenne sans être pour autant véritablement anor­maux. Dans les dernières décennies, les principaux exemples en sont, d’une part, les sécheresses de 1976, 1989-90 et 1996-97, et, d’autre part, le froid excep­tionnel de janvier-février 1985.

Ce qui nous fait dire parfois qu’ « il n’y a plus de saisons », c’est que la mémoire humai­ne n’est pas un instrument de mesure fidèle, et que… le climat change vraiment. Les spécialistes ont mis en évidence différents cycles.

Un des plus connus est le cycle de 11 ans, calqué sur les éruptions solaires, qui voit alterner, en moyenne tous les cinq ans et demi, périodes relativement chaudes et périodes relative­ment froides. Et puis se gref­fe là-dessus la fameuse hypo­thèse du réchauffement glo­bal, lié aux dégagements croissants de « gaz à effet de serre », (pie rien ne vient infirmer pour l’instant : il est question d’une « fourchette » de 1,5 à 4,5 “G en plus d’ici à 2030. De quoi transformer le climat de la Haute- Normandie et… élargir la gamme de ce qui pousse dans les jardins. A quand le retour de la vigne sur nos coteaux ?

Plus information:

https://www.jardinetsaisons.fr/blog

Au Revoir

 

 

 

 

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