Fruit et légumes: un patrimoine génétique

Comparons tin catalogue de graines actuel à celui qu’offrait, en 1902, un grainetier de Louviers, petite ville de l’Eure.

Si le nombre des variétés mises à la disposition des jardiniers n’a que peu diminué (environ 10 %), celles-ci ne sont pas les mêmes sur les deux catalogues.

Certains légumes — tels le chervis, le crambé ou le cerfeuil tubéreux — ont disparu de la gamme, mais d’autres sont venus s’y ajouter : le fenouil, le maïs sucré et la courgette.

Des variétés purement locales (oignon blond de Léry, navet long sec de Louviers, etc.) manquent à l’appel tandis qu’apparaissent les variétés « hybrides Fl ».

Dans le secteur des arbres fruitiers, l’évolution est analogue, à la nuance près que les variétés régionales sont encore représentées sur les catalogues actuels de certains pépiniéristes haut-normands.

La demande des consommateurs

Que les variétés cultivées changent avec les époques, c’est normal. Le monde des champs et des jardins évolue sans cesse. Rendez-vous compte, par exemple, de tout ce qui sépare le chou sauvage — encore présent sur les falaises du pays de Gaux — de ses descendants chou pommé, chou frisé, chou-fleur, chou de Bruxelles et chou-rave !

A partir du chou primordial, au riche potentiel génétique, nos ancêtres ont su façonner progressivement, par des sélections successives, des plantes répondant à leurs besoins.

Ils ont également introduit des plantes qu’ils jugeaient intéressantes, comme le pommier Malus dasyphylla du Turkestan.

Par hybridation avec les pommiers sauvages de la région, il a donné d’innombrables variétés de pommes. Le semis d’un pépin de pomme donne un arbre différent des autres, en fonction des hasards de la recombinaison des gènes, lors de la fécondation.

Certains de ces arbres de semis se révèlent exceptionnels.

Les pommes « modernes », parfois décriées, sont les descendantes de variétés plus anciennes croisées entre elles. Elles sont sélectionnées pour la vigueur de l’arbre, sa résistance aux maladies, sa productivité, la conformité du fruit aux exigences actuelles des filières commerciales, etc.

Et ensuite, comme autrefois, on les multiplie par greffage.

On comprend mieux, maintenant, les causes qui ont présidé à la disparition de centaines de variétés au profit d’autres plus récentes : elles n’étaient plus adaptées aux méthodes de production et de commercialisation modernes, ou elles ne correspondaient plus à la demande des consommateurs, ou bien les deux à la fois.

Un exemple : autrefois, en Normandie, on consommait certaines pommes comme légumes, avec de la viande. Cet usage s’étant perdu, les fruits iront plus de raison d’être. A moins que la cuisine n’évolue…

Pour qu’une renaissance soit possible, encore faut-il que l’on puisse retrouver facilement un pied-mère, qui sera ensuite multiplié par greffage. En effet, il est impossible de recréer telle ou telle variété par les voies de la génétique. D’où l’utilité des collections créées et gérées par des associations ou des instances scientifiques.

De ces vergers-conservatoires sortiront les pommes de demain.

Plus productives

Côté légumes, le travail de sélection, qui se faisait autrefois dans les fermes, est devenu l’affaire de grosses entreprises, nationales ou multinationales.

Les progrès de la génétique ont permis de réaliser les meilleurs croisements entre des variétés anciennes dont on voulait additionner les qualités : ce sont les fameuses variétés hybrides Fl.

Plus précoces, plus homogènes, plus résistantes aux maladies, bref, plus productives, ces nouvelles variétés n’ont que deux défauts aux yeux des jardiniers : leurs graines sont beaucoup plus coûteuses que celles des variétés classiques, et on ne peut pas les reproduire soi-même au jardin.

Malgré tout, les variétés traditionnelles — c’est-à-dire non-hybrides — sont encore bien représentées sur les catalogues de graines.

Certains de nos légumes locaux se sont même taillés une réputation nationale, tels le radis ‘Violet de Gournay’, le poireau ‘Monstrueux d’Elbeuf ou le chou ‘Précoce de Louviers’.

Pour les légumes comme pour les fruits, l’évolution du goût des jardiniers a influencé la composition des catalogues de graines. On consomme moins de haricots secs en 1907 qu’en 1902, aussi est-il logique que le nombre des variétés proposées soit passé de 40 à 11.

Dans le même temps, le nombre de sortes de tomates présentées sur les catalogues évoqués plus haut est passé de 3 à 8. Autres temps, autres fruits et autres légumes…

Au Revoir

D’un microclimat à l’autre

Chacun sait qu’une localisation abritée permet de tricher avec le climat et de faire prospérer des plantes déücates… L’art du jardinier consiste justement, pour une grande part, à améliorer le microclimat de son jardin.

Profitez d’une grande balade autour de chez vous pour situer votre jardin par rapport à son environnement. Et fiez vous à vos sensations…

Le microclimat, c’est le climat qui règne dans une zone restreinte, mais c’est aussi l’agrément d’un lieu, le soleil sur la peau ou… le vent dans les cheveux. Imaginons le parcours comme si vous partiez de Rouen, montiez sur le plateau par un coteau, passiez dans la forêt, puis redescendiez plus loin dans la vallée de la Seine.

En ville : il fait bon, avec en moyenne 1 à 2 °G de plus que dans la campagne avoisinante. Get « ilôt de chaleur * nous transporte brutalement à la latitude de Bordeaux.

Le lilas, par exemple, fleurit une bonne semaine plus tôt ! Et on rencontre des plantes « thermophiles » comme l’ai-lante, un arbre exotique.

Les causes de ce réchauffement ? En hiver, il y a le chauffage des logements. D’autre part, les bâtiments servent de brise-vent et de « piège » pour le rayonnement solaire. L’atmosphère polluée par les poussières issues des cheminées et des pots d’échappement crée un effet de serre, reproduisant à petite échelle ce que l’on observe actuellement sur l’ensemble de la planète.

En coteau bien exposé : du fait de l’inclinaison du terrain, chaque mètre carré reçoit davantage de rayonnement solaire que la même surface disposée horizontalement. Là encore, il fait chaud. Par endroit, la flore et la faune sont quasi méditerranéennes ! Lézard vert et mante religieuse évoluent parmi les frênes à fleurs, les centrantes et les hélian-thèmes. La vigne était cultivée autrefois…

Sur le plateau, en plaine : ça se rafraîchit !
L’altitude (eh oui !) se fait sentir :
150 mètres de dénivellation, cela représente presque 1 °C en moins. Comme si l’on passait brutalement de Haute-Normandie en Belgique !
En hiver, la neige fond plus lentement que dans les vallées.
Et au printemps, les floraisons y débutent avec une à trois semaines de retard. Le vent, ne rencontrant aucun obstacle, est quasi permanent.

S’il provoque une sensation de froid, il a au moins un effet bénéfique : au printemps, lorsque le gel menace il empêche l’air glacial de stagner et réduit ainsi les dégâts sur les fleurs d’arbres fruitiers.

De même, il prévient la formation de brouillards, ce qui augmente l’ensoleillement. On disait autrefois dans la région de Rouen que l’air des plateaux était plus sain que celui de la vallée, et qu’il était bon d’y envoyer les malades en cure !

Aux abords des forêts : il fait plus frais. L’évapotranspiration5 importante des arbres provoque une élévation de l’humidité de l’air et un accroissement local des pluies (1 à 10 %).

En vallée : la faible altitude et la réflexion du rayonnement solaire sur les coteaux donnent une température en moyenne plus élevée que sur les plateaux avoisinants, avec toutefois des contrastes plus marqués.

Au printemps, l’air froid a tendance à s’accumuler dans les fonds, augmentant les risques de gel sur les cultures.

Ce phénomène, couplé à la présence de cours d’eau et de plans d’eau, aboutit fréquemment à la formation de brouillards tenaces. Malgré tout, la végétation est plus précoce dans les vallées que sur les plateaux.

Les à-coups du cycle de l’eau

Soit il y a trop d’eau, soit il n’y en a pas assez ! Jardiniers et agriculteurs sont rarement satisfaits. C’est bien la preuve que la gestion de cette précieuse ressource est un des principaux enjeux de la survie de l’humanité.

La vie sur la planète Terre est née dans l’eau.

Et l’eau est indispensable à la vie. Au jardin, comme dans n’importe quel autre milieu, la stratégie des êtres vivants va consister à tirer le meilleur parti de l’eau disponible. Or, tout les jardiniers et tous les paysans le savent : soit il y a trop d’eau, soit… il n’y en a pas assez.

En Haute-Normandie comme dans le Sahel ou le delta du Gange, l’homme est condamné à gérer cet état de fait. C’est au niveau du sol que se concrétise l’excès ou la pénurie d’eau. En effet, le sol reçoit les précipitations et en stocke une partie. Il fonctionne comme une éponge grâce à ses composants colloïdaux : l’humus et les argiles.
D’autre part, c’est du sol que l’eau repart vers l’atmosphère. Frappant la surface, les rayons du soleil provoquent l’évaporation de l’eau. Les plantes participent au phénomène d’« évapotranspiration » en puisant l’eau grâce à leurs racines, puis en transpirant au niveau des feuilles.

Verts pâturages ou… « paillassons »
Sécheresse ? Humidité ? Cela dépend, bien sûr, des quantités d’eau qui sortent du sol ou qui y rentrent. Située sous climat océanique, notre région connaît une pluviosité plutôt élevée et relativement bien étalée sur l’année. Du moins en moyenne… Car on observe des disparités assez grandes:

Bolbec, par exemple, reçoit deux fois plus d’eau que certaines localités du sud de l’Eure. D’autre part, il y a des années où il pleut beaucoup , 1981, notamment , et d’autres, comme 1976, 1989 et 1990,  qui connaissent un grand déficit pluviomé-trique.
En année moyenne, nos précipitations estivales relativement élevées n’ont aucune peine à contrebalancer une évapotranspiration plutôt modeste du fait de ¡’ensoleillement réduit.

En juillet, les sols haut-normands nont habituellement perdu que la moitié de leurs réserves d’humidité, alors qu’au même moment dans le Midi, la terre arable ne contient pratiquement plus d’eau. Mais cet équilibre est fragile : en année déficitaire en eau, donc plutôt ensoleillée, nos verts pâturages normands peuvent se transformer en véritables paillassons… Une année sur cinq, au 31 août, nos terres n’offrent plus que 10 à 20 % de leur capacité.

Humus, haie, citerne
Une sécheresse est l’occasion de prendre conscience du bien-fondé d’une gestion de la terre « en bon père de famille ».
Celle-ci comprend l’entretien d’un niveau élevé du stock d’humus, mais aussi la plantation de haies.
Ces dernières évaporent de l’ordre de 3 mJ d’eau par mètre linéaire et par an, mais elles augmentent la rétention en eau du sol et, en ralentissant le vent, diminuent l’évapotranspiration.

Globalement, elles économisent de l’eau.

L’excès de précipitations empêche tout travail de la terre et favorise les maladies. Il est au moins l’occasion d’observer le comportement du sol. Si celui-ci conserve une structure poreuse, il permet l’infiltration de l’eau et un « ressuyage » rapide permettant de jardiner. C’est le cas lorsque le sol est suffisamment riche en humus et s’il est couvert par paillage ou engazonne-ment. Le sol nu se colmate très vite.

L’eau ruisselle alors en surface, d’où l’importance des fossés qui la canalisent. Tout jardin digne de ce nom possède sa réserve d’eau, du simple fût recueillant l’eau de pluie à la véritable citerne.

La toiture d’un bâtiment de 100 m2 au sol reçoit en moyenne à Rouen 80 mi d’eau. Récupéré et stocké, ce volume permet de remplir une cinquantaine d’arrosoirs par jour pendant toute la belle saison, soit plus qu’il n’en faut pour un jardin ordinaire.


Le jardin est sensible à la sécheresse parce qu’il abrite nombre de plantes à enracinement superficiel, qui n’ont pas accès aux réserves d’eau du sous-sol : graminées de la pelouse, cultures potagères et fleurs annuelles.
En revanche, les arbres et les arbustes sont beaucoup plus résistants au manque de précipitations — sauf dans les premières années de leur vie — du fait de leur enracinement profond.

Le sol, station d’épuration

Vous et votre famille rejetez des eaux « usées », autrement dit sales : eaux grises (évier, douche…) et eaux-vannes (fosse septique).
Gela fait partie du cycle de l’eau. Depuis les origines, la nature salit l’eau par les déjections animales, la chute des feuilles mortes, les particules de terre issues de l’érosion, etc. Elle assure ensuite son épuration : décantation dans les cours d’eau, « digestion » par les micro-organismes présents dans le sol et dans l’eau, oxydation par l’air, évaporation puis condensation en pluie, etc.
A moins que votre domicile ne soit raccordé à un réseau d’égouts, aboutissant lui-mcme à une station d’épuration, vos eaux usées partent donc… dans le jardin. Si le terrain est très poreux (craie fissurée ou sable) et que les eaux usées s’écoulent dans un simple trou (puisard), vos eaux usées vont rejoindre les eaux souterraines et les polluer.

En terrain moins perméable (limon des plateaux, argile à silex), elles vont être filtrées plus efficacement, mais leur évacuation va être moins facile.
La loi (règlement sanitaire départemental) impose à chacun d’assurer l’assainissement de ses eaux usées.
Le « plateau absorbant » , un des systèmes appropriés, utilise le pouvoir évaporant des plantes, celles-ci absorbant également certaines substances polluantes comme les nitrates et les phosphates. L’« épandage souterrain », quant à lui, tire parti du pouvoir épurateur du sol, et facilite l’infiltration. Certaines petites collectivités épurent leurs eaux usées grâce à un système de mares : c’est le lagunage.

Au Revoir

La nature recycle ses déchets

« Ce qui vient de la ^ terre doit retourner à la terre. »

L’ancien adage des paysans et des jardiniers est toujours d’actualité !
Et pour cause : il en appelle à l’une des grandes lois de la nature, qui veut que pour que la vie renaisse, tout déchet végétal ou animal doit rentrer dans le cycle.”

Devinette : quel lien existe-t-il entre le Sahara, les chenilles qui dévorent les choux dans votre jardin et les sacs plastique pleins de tontes de gazon qui envahissent les trottoirs des zones périurbaines le lundi matin ?

Réponse : le grand cycle de la vie, qui traverse aussi bien le cœur de l’Afrique que nos banlieues pavillonnaires, ou le moindre jardinet de campagne. Un grand cycle qui est, en fait, la combinaison des cycles propres aux éléments chimiques composant les êtres vivants : le carbone , élément chimique caractéristique de toute forme de vie sur Terre , mais aussi l’azote, le phosphore, l’oxygène, etc.

Mais prenons la vie à son début — ou du moins à ce qui nous semble être son début : une graine qui germe dans la terre. Les feuilles se déploient, puisant dans l’air, sous forme de gaz carbonique, le carbone nécessaire à l’élaboration de la cellulose et autres matériaux entrant dans l’édifice végétal.

Une chaîne alimentaire

Simultanément, les racines s’enfoncent clans le sol, y puisant l’eau et tous les minéraux (phosphore, potassium, magnésium, calcium, etc.) dont les plantes se nourrissent.
Le grand moteur du cycle, c’est la chlorophylle, le pigment propre à toutes les plantes vertes. Une molécule miracle qui fonctionne à l’énergie solaire. Cette même énergie actionne également la pompe qui fait circuler dans la plante les sucs nourriciers.
Les plantes vertes sont à la hase de la richesse biologique, au jardin comme n’importe où sur la terre. Pour vous en convaincre, observez de près ce qui se passe sur un mètre carré de votre potager, par exemple là où vous avez semé des carottes.
Les graines germent, les jeunes carottes se développent, fabriquant ce que les écologues appellent une biomasse végétale. Au bout de trois à quatre mois, les carottes sont bonnes à récolter : la biomasse végétale est à son maximum. Elle se compose approximativement de trois kilos de racines et de trois kilos de fanes.

C’est le premier maillon d’une bellechaine alimenaire.

La “production primaire” de la carotte va a servir de pâture à quelques herbivores, qualifiés para les scientifiques de “consommateurs”: vous, bien sûr, en tant que jardinier, qui allez déguster l’essentiel des trois kilos de racines bien juteuses. Mais aussi la chenille de machaon, occupée à dévorer les fanes, la larve de mouche de la carotte, qui creuse des galeries dans la racine, ou encore le campagnol rongeant cette dernière.

Homme et animaux phytophages tirent la plus grande partie de leur énergie vitale des composés carbonés constituant l’essentiel de la biomasse végétale. Certains de ces consommateurs seront à leur tour mangés par d’autres, qualifiés de prédateurs : hirondelle pour le machaon ou la mouche de la carotte, chouette pour le campagnol, etc.

Les fanes et racines non consommées ne sont pas perdues pour tout le monde : tout un peuple de « décomposeurs » les attend en sous-sol, comprenant des insectes, mollusques, cloportes, mille-pattes, vers, bactéries, champignons microscopiques, etc.

Ces mêmes décomposeurs assurent le retour à la terre des cadavres des consommateurs. Plus précisément, après les avoir déchiquetés en menus morceaux, ils les digèrent pour y puiser de l’énergie, et les restituent sous la forme de composés divers. Quelques uns, de nature minérale, comme les nitrates ou les phosphates, servent directement d’aliments aux plantes. D’autres , des composés organiques , forment l’humus, cette substance riche en carbone qui donne sa couleur noire à la bonne terre de jardin.


Retour à la terre

Gomme la chlorophylle évoquée plus haut, l’humus fait des miracles. Véritable éponge, il emmagasine l’eau et les éléments nutritifs. C’evSt donc un facteur de fertilité.

Comme du ciment, il soude et divise à la fois les particules d’argile, limon et sable du sol, permettant à l’air et à l’eau de circuler, et à la vie tellurique de s’épanouir.

Gomme un capteur solaire, il reçoit le précieux rayonnement permettant à la terre de se réchauffer. Bref, sans humus il n’v aurait pas de jardinage possible, ni d’agriculture, ni même de vie sur la terre ferme.

Au Sahara, comme dans les autres déserts, il n’v a pas , ou plus , d’humus… Voilà bouclé le cycle de la vie.
Et nous voilà revenus à notre préambule ! La chenille dévoreuse de chou est un consommateur parmi d’autres. Le cas du sac plastique rempli de tontes de gazon mérite qu’on s’y arrête : que fait dans un sac cette biomasse de feuilles de graminées qui normalement devrait faire les délices des escargots, moutons, etc., ou bien encore se décomposer tranquillement sur le sol ?

Réponse : ces feuilles sont des « déchets verts ». L’urbanisation, le développement des pelouses et des plantations d’arbustes autour des pavillons, ont changé les pratiques de nombreux jardiniers.

Ces derniers n’assurent plus, comme autrefois, le « retour à la terre » de la biomasse produite par leur jardin. Ils comptent sur les collectivités locales pour assurer l’élimination de ce qui était à l’origine une ressource et non pas un déchet. Heureusement, la collecte des « déchets verts » débouche de plus en plus souvent sur le compostage à grande échelle.

Et donc à un retour à la terre…

L’arbre, mèmoire vivante.

Devinette: qu’est-ce qui caractérise l’arbre en tant qu’être vivant, en dehors de sa grande taille et du fait qu’il possède un tronc, des branches et une écorce ? Réponse : sa durée de vie. Dans la plupart des cas, il survit à celui qui l’a planté. En Haute-Normandie, les plus vieux sujets — comme, par exemple, les célèbres ifs de Routot — auraient quinze siècles !

 

Une mémoire vivante

 

Première conséquence de cette longévité : l’arbre est un élément quasi permanent du paysage, auquel il donne son identité. Que serait notre région sans hêtres ni pom­miers ? ! En conséquence, l’arbre a l’obligation d’être parfaitement adapté au sol et au climat, sous peine de dépérir rapidement. La pré­sence de telle ou telle espèce est donc une signature du milieu. Le châtaignier — essence calcifuge — signale que le sol est acide. En revanche, là où pousse en abondance le frêne, le sol est neutre, voire calcaire. L’adéquation au climat local n’est pas moins rigoureuse.

 

Le facteur déterminant est en l’occurrence la résistance aux plus basses températures (rusticité). Si les essences locales possèdent, par défini­tion, la rusticité nécessaire à leur survie, ce n’est pas tou­jours le cas des arbres exo­tiques (tableau).

Autre conséquence de la longue durée de vie de l’arbre : il est une mémoire vivante du lieu où il poussée.

Témoin de l’histoire, comme le célèbre chêne d’Allouville. Mais aussi véritable enregis­trement du climat. Regardez une coupe de tronc : chaque cerne correspond à une sai­son de croissance. Plus le cerne est large et plus la croissance a été active. L’examen des séquences de cernes — dendrochronologie (du grec dendros, « arbre » et chronos, « temps ») — est un outil pour les historiens.

L’arbre menacé ?

Tout le monde aime les arbres. Les poètes les chan­tent. Le moindre abattage en ville provoque l’indignation de la population. Nombre d’actions de sensibilisation de la jeunesse à l’écologie reposent sur des plantations d’arbres. Tout se passe comme si les arbres devaient être défendus.

Certes, ils ont à souffrir nombre de fléaux :

pullulations de chenilles ravageuses, sécheresses, verglas,

tempêtes…Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’arbres dans notre pays ! Clé de ce paradoxe : la forêt cache par­fois… les arbres. Il est vrai que la forêt recule à l’échelle de la planète, au rythme de onze millions d’hectares per­dus chaque année.

 

 

Mais, dans les pays dévelop­pés, les surfaces boisées sont en augmentation. Il s’agit alors le plus souvent de sapi­nières de Douglas, de futaies de hêtres, voire de peuple- raies ou autres plantations denses d’une seule essence, dont l’impact paysager et écologique est discutable. En revanche, certains arbres sont réellement menacés : ce son les arbres « champêtres ».

Le frêne ou le vieux poirier qui marque le coin d’un champ, les pommiers à cidre en haute tige, les noyers iso­lés, ainsi que tous ceux qui constituent les haies boca- gères et les bosquets. Non rentables, ils font les frais de la modernisation de l’agricul­ture. C’est ainsi que nos fameux prés-vergers de pom­miers ont régressé de 60 300 à 48 900 hectares entre 1982 et 1990. Et notre région a perdu la moitié de ses haies entre les deux inventaires forestiers de 1980 et 1990.

 

Tous ces arbres jouaient r pourtant un rôle éco­logique essentiel : qualité du paysages, piège à pous­sières, habi­tat pour la faune, brise-vent, « piège à rosée », drainage, fixation de la terre, production de bio­masse et d’humus par assimi­lation chlorophyllienne du gaz carbonique, etc.

 

Veuillez visiter ce site Web

 

http://www.arbres.org/

 

Au Revoir

 

Comment planter et cultiver le bambou.

bambou

Contrairement à la croyance populaire, les plantes de bambou ne sont pas limités aux forêts ou des zones urbaines, ce qui est la raison pour laquelle nous pouvons cultiver et planter le bambou dans votre jardin.
Les plantes de bambou poussent vite et sont bien adaptées pour un jardin et elles peuvent même être plantées par un jardinier inexpérimenté.
Un autre mythe commun à propos de la plante de bambou est qu’il est un arbre, mais en fait est un type d’herbe.
Comme l’herbe, les plantes de bambou peuvent également être hors contrôle.
Toutefois, si vous prenez soin correctement de cette plante, sa croissance ne dérange pas du tout et peut ajouter une touche tropicale à votre domicile.
Les applications industrielles du Bamboo sont variées:

Construction de clôtures inspirés par des techniques japonaises, comparables au cèdre.

Le deuxième marché par ordre d’importance est celle des meubles et ustensiles de ménage, de la vaisselle aux meubles tels que les chaises et les tables.

Palettes de bambou sont également comparables à des planchers de bois typiques en termes d’installation et de finition.

À l’heure actuelle sont les oreillers en bambou à la mode.

 

Types de plantes de bambou

Bambou

Avant de décider de planter le bambou dans votre jardin, vous devez identifier le type de bambou que vous allez utiliser, puisque vous pouvez choisir une variété trop envahissante et pourrait envahir le reste de votre jardin.

Les noms botaniques des plantes de bambou peuvent être source de confusion, en particulier parce qu’ils ont tendance à varier d’un endroit à l’autre.
La meilleure façon de comprendre les types de plantes de bambou c’est de les regroupées en deux catégories de base: l’agglutination et l’exécution.

Bambou d’Agglutination:

Les plantes de bambou d’agglutination sont les mieux adaptées pour un jardin à la maison parce qu’elles ne sont pas très invasives.

Ces plantes poussent environ 5 centimètres chaque année dû à la structure de la racine limitée, de sorte qu’elles n’envahiront pas votre jardin.

Bambou D’exécution de:

Les plantes de bambou d’exécution, d’autre part, sont très invasives et elles ne sont pas un bon choix pour les cultiver dans votre jardin.
Ces plantes peuvent envahir tout votre jardin dans un temps très court et même endommager vos autres plantes.
Le choix de la plante du bambou la plus appropriée pour votre jardin dépendra en grande partie du climat de votre région.

Assurez-vous comment grandira la plante et ses besoins, ainsi que d’autres caractéristiques nécessaires pour sa bonne croissance.

La plantation de bambou dans le jardin.

Rappelez-vous que vous pouvez planter votre bambou dans des pots et des jardinières.
Une fois que vous avez choisi le type de bambou pour votre jardin, voici quelques conseils pour vous aider avec votre plantation.
• Si vous voulez planter le bambou à l’intérieur de votre maison, le bambou d’agglutination c’est le meilleur choix, car ils poussent bien et lentement. Assurez-vous de choisir un pot assez grand pour accueillir la plante de bambou pendant sa croissance.


• Si la plantation de bambou est à l’extérieur, vous devez vous assurer de planter environ 5 centimètres au-dessous du sol. Puisque la plante grandira, un trou d’environ deux fois le diamètre de dimension actuelle de la boule de racine de la plante.


• Vous pouvez mettre une barrière autour de la plante de bambou pour la garder sous contrôle et être sûr de ne pas envahir vos autres plantes que vous avez autour.


• Il est également important de préparer le terrain pour vous assurer qu’il est fertile et bien drainé, parce que les plantes de bambou ne poussent pas bien dans les sols secs. Les sols avec une certaine acidité sont très appropriés.


• les plantes de bambou nécessitent une bonne quantité de soleil et de la pluie. Ils ne nécessitent pas beaucoup de lumière pour se développer et elles peuvent le faire à l’ombre partielle. Bien que l’étape de maturation aura pas besoin de beaucoup d’eau, à la croissance vous devez les arroser abondamment.

bambou

Si vous avez votre plante de bambou à l’intérieur de votre maison, assurez-vous de l’arroser tous les jours. Une fois que vos plantes de bambou s’habituent aux intempéries, vous pouvez réduire la quantité d’arrosage par semaine.
Comme vous pouvez voir, la culture du bambou est facile, même pour les jardiniers les plus inexpérimentés.
Cependant, vous devez garder à l’esprit que les plantes de bambou produisent de nouvelles pousses chaque année, vous devez donc contrôler à la fois la densité de ces nouveaux foyers ainsi comme l’invasion qui peuvent avoir sur les plantes que vous avez autour de votre plantation.

J’espère que vous avez apprécié l’article. À bientôt

Au rythme des saisons

 

Drôle de temps, vous ne trouvez pas ? Y’a plus de saisons ! De quoi parlerait-on entre voisins, s’il n’y avait la pluie et le beau temps ? C’est que, malgré sa banalité, le sujet est d’impor­tance : depuis l’aube de l’humanité, les saisons règlent toutes nos activités en faisant varier l’ensoleillement, la température, les précipita­tions, etC.

En dépit des efforts de l’humanité pour s’affranchir des conditions climatiques, le temps qu’il fait a encore le droit de vie et de mort sur nos cultures. Il provoque des catastrophes (tornades, inondations, verglas…).

II peut aussi nous procurer une intense sensation de bien-être : l’air frais du petit matin, la douceur d’une soi­rée, l’apaisement d’après orage…

« Bon navet se sème en juillet »

Le jardin est l’un des lieux privilégiés où l’on retrouve cette relation primitive au temps qu’il fait, et même au temps tout court.

Toute lactivite du jardinier es rythmee par deux grandes metronomes, le soleil et la terre, maitres des saisons.

La partition s’enrichit meme, pour certains virtuoses du jardin, d’une porte supplementaire : taire : celle correspondant aux mouvements de la lune, censés régler les mécanismes de la végétation.

A l’image des mouvements de la terre, du soleil et de la lune, le temps du jardinier, comme celui du paysan, est cyclique.

A la semence succède la plante et son fruit, puis une autre semence. L’humus issu de la décomposition des cadavres végétaux est une promesse de renaissance.

Le début et la fin se confon­dent. Dans un tel temps, l’ennui n’existe pas.

En revanche, le temps du citadin est linéaire, et donne davantage de prise au doute. Les travaux du jardin doivent être faits en temps et heure.

D’où l’utilité des dictons :

« A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », « Bon navet se sème en juillet », etc. Avec eux, la tradition orale avait inventé d’excel­lents moyens mnémotech­niques ! Et les almanachs, done!

Qu’ils soient basés sur la lune ou les constellations, sur des présages ésotériques, ou autre chose encore, fina­lement, le plus important était qu’ils indiquaient aux jardiniers ce qu’ils devaient faire tel ou tel jour. Un jardi­nier ne doit pas douter : il respecte un cycle immuable. La preuve, on publie toujours beaucoup d’almanachs pour les jardiniers.

« Accidents » climatiques

Depuis l’avènement des sta­tistiques et le développement des réseaux de stations météorologiques, nous avons une vision objective de notre climat. Nous savons que l’ap­partenance à un climat frais et humide n’exclut pas qu’il puisse faire très sec ou très froid.

Il y a, d’une part, le cli­mat moyen de la région, fruit d’un calcul statistique : telle température en moyenne sur l’année, tant de millimètres de précipitations, tant de jours de gel, etc.

Tout ce qui fait que la Haute-Normandie se rattache nettement au cli­mat dit « océanique », carac­térisé par des amplitudes de température relativement faibles en moyenne, des étés frais, des hivers modérément froids, une pluviométrie bien répartie et plutôt abondante. Ces moyennes sont calculées sur un grand nombre d’an­nées.

D’autre part, il y a les « acci­dents » climatiques, qui s’écartent nettement de la moyenne sans être pour autant véritablement anor­maux. Dans les dernières décennies, les principaux exemples en sont, d’une part, les sécheresses de 1976, 1989-90 et 1996-97, et, d’autre part, le froid excep­tionnel de janvier-février 1985.

Ce qui nous fait dire parfois qu’ « il n’y a plus de saisons », c’est que la mémoire humai­ne n’est pas un instrument de mesure fidèle, et que… le climat change vraiment. Les spécialistes ont mis en évidence différents cycles.

Un des plus connus est le cycle de 11 ans, calqué sur les éruptions solaires, qui voit alterner, en moyenne tous les cinq ans et demi, périodes relativement chaudes et périodes relative­ment froides. Et puis se gref­fe là-dessus la fameuse hypo­thèse du réchauffement glo­bal, lié aux dégagements croissants de « gaz à effet de serre », (pie rien ne vient infirmer pour l’instant : il est question d’une « fourchette » de 1,5 à 4,5 “G en plus d’ici à 2030. De quoi transformer le climat de la Haute- Normandie et… élargir la gamme de ce qui pousse dans les jardins. A quand le retour de la vigne sur nos coteaux ?

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Au Revoir

 

 

 

 

Les  chemins détournés de la pollution

 

Nitrates, polychlorobiphényles, lindane, plomb, cad­mium, cuivre, particules de PVC, éléments radioactifs, etc. ne représentent qu’un échantillon des contaminants qu’il est possible de détecter dans le moindre carré de ver­dure, même éloigne des usines, villes, routes à grande circulation. Le jardin reçoit la même pollution diffuse que n’importe quelle autre parcelle d’une région donnée. Et il engendre lui-même une pollution dès que le jardinier traite, fertilise, tond la pelou­se…

Pas de panique, cependant !

Il y a pollution et… pollu­tion. Toute vie engendre des déchets plus ou moins nocifs, ne serait-ce que des déjec­tions ou du gaz carbonique, et toute activité humaine entraîne un minimum de pol­lution. Comme nous le ver­rons plus loin, la nature a « prévu » des moyens pour éliminer cette pollution. Mais le problème, c’est que l’homme invente sans cesse de nouvelles manières de polluer.

Trop de nitrates

Prenez l’exemple des nitrates. Il y en a toujours eu dans la nature, puisque ces com­posés sont les principaux aliments azotés des plantes. Ils arrivent avec les pluies d’orage, sont fabriqués à partir de l’azote de l’air par les plantes de la famille des Légumineuses, et sont issus de la décomposition naturelle des déchets orga­niques. On les a considérés comme des polluants à partir du moment où il y en a eu de trop. Trop dans les légumes gorgés d’engrais. Trop dans l’eau, car trop dans les sols bourrés des mêmes engrais.

Les conséquences de ce « trop » sont difficiles à mesurer, mais on suspecte l’excès chronique de nitrates de favoriser l’apparition du cancer. Chez les nourris­sons, les nitrates, et leurs dérivés les nitrites, présents dans les aliments, peuvent provoquer une pathologie grave : la méthémoglobiné­mie. Sans oublier l’impact des nitrates sur les milieux aquatiques, notamment la prolifération d’algues vertes, qui profitent de cet enrichis­sement de l’eau (eutrophisa­tion). Résultat : les nitrates sont devenus un des enjeux majeurs de la qualité de l’eau.

Biodégradation et accumulation

Notre génie créatif à fait naître des produits totale­ment nouveaux, souvent très utiles, mais qui sont devenus autant de polluants en plus : pesticides chimiques de syn­thèse, plastiques, etc.

Les molécules sont tellement nombreuses et variées qu’il est impossible de prévoir toutes les conséquences de leur utilisation sur la santé humaine et sur l’environne­ment ! Certaines sont inof­fensives, d’autres sont des poisons qui, même à faible dose, perturbent la reproduc­tion des organismes aqua­tiques, détruisent la micro­faune du sol, ou bien encore provoquent des mutations génétiques et des malforma­tions congénitales chez les animaux, ou des cancers chez l’être humain.

Par exemple, le thiophanate méthyl et le bénomyl, deux produits proposés aux jardiniers pour lutter contre les maladies des plantes, ont pour effet d’inhiber l’acti­vité bénéfique des vers, et môme, à dose plus forte, de les tuer.

Une fois libérées dans l’envi­ronnement, les substances polluantes sont nombreuses à transiter par le sol du jar­din. Celui-ci assume alors tant bien que mal la mission de « station de retraitement » qui lui est imposée. Grâce aux innombrables micro- organismes quelle renferme, la terre assure la biodégrada­tion de molécules d’insecti­cides, herbicides, etc.

Au mieux, elle rend à la nature des composés simples et inoffensifs comme le gaz carbonique ou les phosphates. Au pire, la biodégradation est très lente, voire nulle, et les composés nocifs s’ac­cumulent. Après l’accident de Tchernobyl, par exemple, on a vu du thym et des champignons se bourrer de césium radioactif arrivé dans le sol via la pluie… et quasi indestructible.

Au jardin, ce sont les vers de terre, de par leur façon de s’alimenter, qui concen­trent le plus de poisons.

S’ils survivent, ils contami­nent à leur tour les musa­raignes et les merles qui se nourrissent d’eux, et plus encore les carnivores et rapaces qui sont leurs préda­teurs. Cette bioaccumulation des polluants a des répercus­sions néfastes sur les ani­maux qui sont en bout de chaîne alimentaire. Et, juste­ment, l’homme fait partie de cette catégorie…

 

 

 

 

 

 

Espèces indigènes, espèces exotiques.

A l’intérieur d’un même pays comme la France, la même espèce végétale peut être à la fois indigène et exo­tique. Prenez le laurier-tin, un arbuste ornemental. On le trouve à l’état sauvage dans notre zone méditerranéenne (où il est donc indigène), mais vous le rencontrerez également à Rouen… dans les jardins (où il fait donc figure d’exotique). Les êtres vivants ignorent les fron­tières des hommes ! Certains s’adaptent même au point de faire figure d’indigènes.

Le châtaignier, par exemple, pousse dans les forêts nor­mandes. Sous ses faux airs de plante indigène, c’est en réalité une exotique dont le véritable berceau est l’Asie mineure. Sa propagation, très ancienne, est le fait de l’hom­me. On parle alors d’espèce « naturalisée » ou « subspon­tanée ».

Agressivité écologique

 

Cette naturalisation est pos­sible si l’espèce retrouve des conditions écologiques ana­logues à celles de son aire d’origine. C’est le cas du lilas (d’Europe du Sud-Est et d’Asie occidentale) sur nos pentes crayeuses. D’autres plantes se naturalisent facilement ´grâce à leur « plasticité », voire leur « agressivité », écologique couplée à l’absence de leurs ennemis naturels. L’exemple type en est, chez nous, Polygonum cuspidatum, une renouée introduite d’Extrême-Orient vers 1825. Elle se propage toute seule grâce à ses rhizomes traçants.

Naturalisées, les plantes exotiques peuvent prendre la place d’espèces indigènes. Leur intérêt écologique est moindre que celui des espèces locales. Alors que ces dernières possèdent un « cortège faunistique » de plusieurs dizaines d’espèces animales se nour­rissant d’elles, cela n’est pas le cas des exotiques, dont le « cortège » est resté dans le pays d’origine. Cela dit, nombre de plantes exotiques se révèlent, par exemple, de bonnes sources de nectar pour les abeilles ou les papillons : citons la phacélie et le buddleia.

Le brassage des êtres vivants a provoqué dans le passé nombre de catastrophes humaines, écologiques et économiques. Rappelez-vous le doryphore, qui était can­tonné au Colorado avant qu’il ne lui prenne l’idée de coloniser l’Ancien Monde à la suite de son aliment préféré, la pomme de terre (elle aussi originaire d’Amérique).

C’est un champignon micro­scopique d’origine américai­ne qui a rayé de la carte, au cours des dernières décen­nies, les ormes de nos haies. 11 avait traversé l’Atlantique, pense-t-on, dans une grume de bois.

Plus récemment, une algue exotique a défrayé la chro­nique. Caulerpa taxifolia envahit la Méditerranée, mais sait-on que Sargassum muticum, une algue d’origine japonaise fait de môme sur nos côtes normandes?

Quant à la tortue de Floride, animal d’aquarium originaire d’outre-Atlantique, elle hante à présent de nombreux plans d’eau et rivières de chez nous. La cause : des aquariophiles inconséquents, la trou­vant encombrante, l’y ont tout simplement relâchée massivement. La belle améri­caine, très à l’aise, concurrence maintenant la faune aquatique autochtone. Le jardin a toujours été un lieu de rendez-vous pour la flore du monde entier. Maïs, haricot, tomate, dahlia, zinnia, pomme de terre, liquidambar, etc. sont améri­cains d’origine.

L’Extrême- Orient nous a donné entre autres le pêcher, le ginkgo, la glycine, l’Asie occidentale la vigne, le cognassier, l’aman­dier, l’Afrique du Sud le pélargonium et le gerbera. Amusez-vous maintenant à recenser les plantes culti­vées dans votre jardin et à rechercher leur origine géo­graphique. Et essayez de vous imaginer ce que serait votre petit domaine si toutes ces espèces étaient restées sagement chez elles !

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Apprendre à regarder le paysage

 

Paysage… Un mot unique pour désigner une réalité multiple et changeante :

» Le paysage rural tradition­nel : vergers de la vallée de la Seine, semi-bocage du (tournois, cours masures du pays de Caux, forêt de Lyons…

  • Le nouveau paysage rural : champs de colza, ensilages, parcelles en jachère, lotisse­ments…
  • Le paysage urbain et indus­triel, avec ses aspects anciens eu modernes petites rues du centre-ville de Rouen, raffineries de Gonfreville, terrains vagues, échangeurs routiers…
  • Les paysages naturels : falaises de la vallée de la Seine et du littoral.
  • Et. bien sûr, le paysage des Jardins : parcs de châteaux, jardins ouvriers, jardins

de pavillons, etc.

Touriste, habitant, naturalis­te, aménageur, artiste, jardi­nier… Chacun a sa propre perception du paysage. L’un voit l’espace et le relief, d’autres le tableau, le site pit­toresque de carte postale, l’écosystème, on bien encore la beauté des plantes.

Une fois de plus, le jardin peut nous aider !i ouvrir les yeux. S’il est visible de l’exté­rieur, il appartient aussi à celui ou celle qui le regarde Ce petit domaine s’intégré dans un paysage qui est un bien culturel commun.

Or le jardinier est par défini­tion le maître d’œuvre du paysage de son jardin.

C’est lui qui plante ou abat, construit ou démolit. Selon sa fantaisie, parfois avec pleine subjectivité !

En l’absence de règles, y a-t-il dans le paysage des valeurs a défendre? Faut-il protéger les vestiges paysagers du passé ? Ou bien au contraire ne pas hésiter à innover, quitte à faire table ruse. Que de questions, qui n’appellent pas de réponses toutes faites, lourde responsabilité que celle des jardiniers, comme des agriculteurs, urbanistes et aménageurs de tout poil! Alors, de faire de notre pay­sage un musée : les haies « comme autrefois » les arbres « traditionnels », etc.

Mais ce serait méconnaitre que le paysage évolue nécessairement, car il est à la croisée du milieu naturel f-t des exigences des hommes pour assurer leur subsistance.

Le paysan de jadis, bien qu’ayant créé la belle cam­pagne que nous apprécions maintenant, n’avait guère d’exigences paysagères. Il a façonné l’espace en fonction des matériaux et végétaux disponibles, de ses moyens financiers et autres contin­gences matérielles.

 

L’aspect des campagnes actuelles n’est pas plus, pour l’essen­tiel, issu d’une démarche paysagère : l’extension de la jachère, par exemple, est le fruit de la Politique agricole commune, et la disparition des prairies au profit des champs de maïs ou de colza répond à des impératifs éco­nomiques.

S’ouvrir sur l’innovation

Puisque le jardinier est un acteur obligé du paysage, qu’il se comporte en véri­table jardinier ! Qu’il aiguise sa sensibilité paysagère en observant l’environnement immédiat — le jardin des voisins, la campagne ou la ville environnante, mais aussi les « beaux jardins » de la région. Une façon de se créer des références. La lec­ture du paysage est un exer­cice passionnant: quels sont les arbustes composant cette haie champêtre ?

Qu’est-ce qui me semble beau ? Où est l’erreur ? A quelle néces­sité correspond tel élément du paysage ? Etc. Tout pay­sage — même le plus laid — a quelque chose à raconter.

Le jardinier peut également s’adonner à une discipline aussi vieille que le jardinage : l’imitation. Humble, il prendra le meilleur dans l’œuvre paysagère de ses pré­décesseurs. La plus modeste scène champêtre est source d’inspiration, tout comme vaut d’être copié le choix des végétaux dans tel ou tel parc contemporain.

Ce qui n’empêche nullement d’exprimer sa personnalité, de se montrer créatif.

Car c’est un devoir que de s’ouvrir sur l’innovation. Idées, plantes… Les der­nières années ont vu vérita­blement exploser le marché des végétaux : les gammes de plantes vivaces et d’arbustes se sont enrichies de dizaines d’espèces et de variétés qui sont autant d’opportunités de faire évoluer le paysage. Cela ne s’était pas produit depuis plus d’un siècle !

Il était temps de mettre un terme à la banalisation actuelle : sous la pression de la grande distribution, herbes de la pampa, lauriers-palmes et autres thuyas sont mis à toutes les sauces. Les mêmes ornements en plastique se retrouvent de Lille «à Marseille. Le gazon règne sans partage. Cet impérialis­me ne pouvait manquer d’entraîner une réaction : en maint endroit on arrache maintenant les cupressus au profit d’arbustes fleuris ou feuillus, on réveille la pelouse au moyen de fleurs « sau­vages », on crée des plans d’eau « sauvages »… Les jar­dins se mettent au diapason de ce que l’on observe sur un plan plus général avec la reconstitution ponctuelle de haies, le recreuse ment de mares, l’aménagement de friches, etc. À mesure que la ville gagne du terrain, le besoin de recréer un pay­sage « naturel » semble se faire plus pressant…

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