Apprendre à regarder le paysage

 

Paysage… Un mot unique pour désigner une réalité multiple et changeante :

» Le paysage rural tradition­nel : vergers de la vallée de la Seine, semi-bocage du (tournois, cours masures du pays de Caux, forêt de Lyons…

  • Le nouveau paysage rural : champs de colza, ensilages, parcelles en jachère, lotisse­ments…
  • Le paysage urbain et indus­triel, avec ses aspects anciens eu modernes petites rues du centre-ville de Rouen, raffineries de Gonfreville, terrains vagues, échangeurs routiers…
  • Les paysages naturels : falaises de la vallée de la Seine et du littoral.
  • Et. bien sûr, le paysage des Jardins : parcs de châteaux, jardins ouvriers, jardins

de pavillons, etc.

Touriste, habitant, naturalis­te, aménageur, artiste, jardi­nier… Chacun a sa propre perception du paysage. L’un voit l’espace et le relief, d’autres le tableau, le site pit­toresque de carte postale, l’écosystème, on bien encore la beauté des plantes.

Une fois de plus, le jardin peut nous aider !i ouvrir les yeux. S’il est visible de l’exté­rieur, il appartient aussi à celui ou celle qui le regarde Ce petit domaine s’intégré dans un paysage qui est un bien culturel commun.

Or le jardinier est par défini­tion le maître d’œuvre du paysage de son jardin.

C’est lui qui plante ou abat, construit ou démolit. Selon sa fantaisie, parfois avec pleine subjectivité !

En l’absence de règles, y a-t-il dans le paysage des valeurs a défendre? Faut-il protéger les vestiges paysagers du passé ? Ou bien au contraire ne pas hésiter à innover, quitte à faire table ruse. Que de questions, qui n’appellent pas de réponses toutes faites, lourde responsabilité que celle des jardiniers, comme des agriculteurs, urbanistes et aménageurs de tout poil! Alors, de faire de notre pay­sage un musée : les haies « comme autrefois » les arbres « traditionnels », etc.

Mais ce serait méconnaitre que le paysage évolue nécessairement, car il est à la croisée du milieu naturel f-t des exigences des hommes pour assurer leur subsistance.

Le paysan de jadis, bien qu’ayant créé la belle cam­pagne que nous apprécions maintenant, n’avait guère d’exigences paysagères. Il a façonné l’espace en fonction des matériaux et végétaux disponibles, de ses moyens financiers et autres contin­gences matérielles.

 

L’aspect des campagnes actuelles n’est pas plus, pour l’essen­tiel, issu d’une démarche paysagère : l’extension de la jachère, par exemple, est le fruit de la Politique agricole commune, et la disparition des prairies au profit des champs de maïs ou de colza répond à des impératifs éco­nomiques.

S’ouvrir sur l’innovation

Puisque le jardinier est un acteur obligé du paysage, qu’il se comporte en véri­table jardinier ! Qu’il aiguise sa sensibilité paysagère en observant l’environnement immédiat — le jardin des voisins, la campagne ou la ville environnante, mais aussi les « beaux jardins » de la région. Une façon de se créer des références. La lec­ture du paysage est un exer­cice passionnant: quels sont les arbustes composant cette haie champêtre ?

Qu’est-ce qui me semble beau ? Où est l’erreur ? A quelle néces­sité correspond tel élément du paysage ? Etc. Tout pay­sage — même le plus laid — a quelque chose à raconter.

Le jardinier peut également s’adonner à une discipline aussi vieille que le jardinage : l’imitation. Humble, il prendra le meilleur dans l’œuvre paysagère de ses pré­décesseurs. La plus modeste scène champêtre est source d’inspiration, tout comme vaut d’être copié le choix des végétaux dans tel ou tel parc contemporain.

Ce qui n’empêche nullement d’exprimer sa personnalité, de se montrer créatif.

Car c’est un devoir que de s’ouvrir sur l’innovation. Idées, plantes… Les der­nières années ont vu vérita­blement exploser le marché des végétaux : les gammes de plantes vivaces et d’arbustes se sont enrichies de dizaines d’espèces et de variétés qui sont autant d’opportunités de faire évoluer le paysage. Cela ne s’était pas produit depuis plus d’un siècle !

Il était temps de mettre un terme à la banalisation actuelle : sous la pression de la grande distribution, herbes de la pampa, lauriers-palmes et autres thuyas sont mis à toutes les sauces. Les mêmes ornements en plastique se retrouvent de Lille «à Marseille. Le gazon règne sans partage. Cet impérialis­me ne pouvait manquer d’entraîner une réaction : en maint endroit on arrache maintenant les cupressus au profit d’arbustes fleuris ou feuillus, on réveille la pelouse au moyen de fleurs « sau­vages », on crée des plans d’eau « sauvages »… Les jar­dins se mettent au diapason de ce que l’on observe sur un plan plus général avec la reconstitution ponctuelle de haies, le recreuse ment de mares, l’aménagement de friches, etc. À mesure que la ville gagne du terrain, le besoin de recréer un pay­sage « naturel » semble se faire plus pressant…

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Jardinier et citoyen

Le jardin qui éduque Se confronter au rythme immuable des saisons, à la lenteur des cycles biologiques, à la naissance de la vie. Plonger les mains dans la (erre, faire pousser des fleurs… U jardin offre aux enfanta ces expériences initiatrices. Dans une société qui s’urbanise, il reste un dos lieux les plus proches do contact physique avec la nature. Certaines écoles ont leur potager, d’autres s’illustrent par la qualité de leur fleurissement, œuvre des élèves. Un réseau de fermes pédagogiques a pris en charge la demande d’animation hors école sur le thème du jardin.

Le jardin qui insère

Le jardinage est devenu un moyen privilégié pour l’in­sertion de personnes en dif­ficulté, dans un cadre asso­ciatif ou coopératif. On ne peut pas tricher avec un jar­din. On ne peut pas non plus le négliger Le soleil et la pluie y commandent, mais le résultat est le plus souvent au bout, sous la forme de fruits, de légumes, de fleurs, de plants. Produire et vendre, c’est valorisant. Et cela per­met de gagner des sous…

Le jardin qui soigne

Personne ne niera que le jar­dinage, ou la simple contemplation d’un jardin, ail des venus apaisantes, [loue salutaires. D’anciens drogués en post-cure, comme des malades d’un centre anti- cancer, ont taie la bénéfique expérience d’un séjour au jardin dans un cadre associa­tif Ils soûl, hélas, trop peu nombreux

Le jardin qui rend plus autonome

Faire quelque chose soimême, quelle satisfaction ! Surtout quand il s’agit de taire pousser de délicieux iruits et légumes ou de belles fleurs. Il n’est jamais inutile de prendre conscien­ce du tait que l’on peut nour­rir sa familie, au moins en partie, avec ses propres pro­duits. Il suffit, pour cela, d’avoir un bout de terrain d’au moins 200 mètres car­rés, comme ceux que propo­sent, contre du loyer modique, les associations de jardinage familial.

Les écono­mies réalisées par les adeptes du potager et du verger peu­vent représenter, chaque année, l’equivalent d’un mois de salaire moyen !

Le jardin, lien entre les générations

« Dis, grand-père, pourquoi tu tais ça?  Questions et réponses, égrenées dans les allées du jardin, transmetteur les savoirs jamais écrits. Pourquoi le courant passe-t-il mieux, en général entre grand-père et petits-enfants qu’entre pere et fils ou fille ? Mystère… Kr puis le jardin est une grande fabrique de souvenirs savoureux «c odo­rants. qui font le Je la vie : parfum d’œillets mignar­dises. arôme de groseilles à maquereaux…

Où les goûterait-on, enfant, si le grand père ne falsait pas le Jardin ?

Le jardin qui rend heureux

Le paradis terrestre était un jardin… Quel autre lieu rassemble, pour un coût aussi faible, autant de bienfaits pour le corps et pour l’esprit :

plaisir des sans, exercice salutaire, grand air. produits sains et frais, ripes, médita­tion, convivialité, expression personelle, pour n’en citer que quelques-uns. Faut-il rappe­ler qu’il y a un siècle, l’abbé Lemire avait fondé les pre­miers « jardins ouvriers » pour, entre autres, détourner les hommes de la fréquenta­tion malsaine du café? Le proverbe chinois est toujours d’actualité : Si tu veux être heureux un jour, marie-toi. Si tu veux être heureux toute la vie, fais toi jardinier »

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Les termites: Une société très organisée

termites

 

A l’heure ou l’aire de répartition des termites ne cesse de s’étendre, les problèmes que posent ces redoutables insec­tes xylophages deviennent de plus en plus préoccupants Aujourd’hui, s’il n’est pas possible de les combatre sans avoir recours a des produits chimiques, on peut toutefois envisager les solutions les moins dommageables pour notre environnement Pour cela, la première chose a faire est de bien connaître son “ennemi” *

Les termites: Une société très organisée

 

Les termites sont des insectes vivants en sociétés organisées qui se nourrissent de cellulose sous toutes ses formes arbres, bois mort, bois œuvre, papier, textile et jusqu’au carton des panneaux de plâtre (“placo”) Deux des cinq especes sévissant en France sont des termites souterrains qui occasionnent de plus en plus de dégâts aux habitations. Les départements les plus concernés sont les départements des littoraux atlantique et méditerranéen, les départements pyrénéens, les départements bordant la Loire, la Garonne et le Rhône (voir carte 1). La progression vers le Nord et le Nord-Est est rapide, à tel point que les pays limitrophes ont pressé la France de réagir. Une loi appelée “loi xylophages” est ainsi entrée en application en 2000 (lire encadré).

Efficacité discrète

 Voici les caractéristiques qui vont permettre de comprendre la façon dont ces insectes se nour­rissent et se propagent ainsi que les moyens de s’en protéger.

Le nid initial des termites, appelé termitière, est généralement du bois mort au contact de la terre. Les termites ont besoin d’un sous-sol humide pour s’étendre à la recherche de cellu­lose. Les termites-ouvriers, chargés de nourrir les larves, et les soldats, protecteurs de la colonie, sont dépigmentés. Craignant la lumière, ils creu­sent leurs galeries sous terre. Toutefois, quand un obstacle infranchissable se dresse devant eux, les termites n’hésitent pas à créer des galeries-voûtes ressemblant à de fin cordonnets, sous lesquels ils pourront travailler à l’abri du rayonnement solaire. Ils pénètrent dans les maisons par les fissures ou en longeant les canalisations, où ils pourront se nourrir et s’approvisionner de façon discrète en créant des dommages importants.

Dans les départements infestés ou menacés, il faudra avant toute chose vous renseigner auprès de votre mairie. Car si une présence critique d’in­fection a été constatée dans votre commune ou dans des communes proches, votre mairie aura reçu un arrêté préfectoral délimitant les zones

Comment lutter?

Il faut d’abord bannir toute forme d’humi­dité à proximité de votre maison. Prévoyez une évacuation lointaine des eaux de pluie, éloignez des habitations les puits perdus, mares, drains filtrants et tout autre ouvrage où l’eau stagne. Entretenez les sources potentielles d’humidité, en particulier les chenaux, descentes d’eau, regards… Débarrassez-les des feuilles, mousses et autres matières qui pourraient les boucher. Évitez les fûts de récupération d’eau de pluie sans trop plein canalisé. Vérifiez régulièrement la bonne circula­tion de l’air dans les vide-sanitaires.

Et puis, bien évidemment, il ne faut pas dres­ser le couvert aux termites ! Evitez de conserver des tas de bois, des souches, du carton ou des végétaux morts en contact direct avec le sol à proximité de la maison. Stockez votre bois de chauffage à l’extérieur, loin de l’habitation, sur un support maçonné (parpaings posés au sol). Si vous récupérez du bois mort, brûlez-le rapidement. Et enfin, videz les caves de vos vieux livres, cartons et chutes de moquettes…

Dans les départements les plus exposés, il va falloir garder un œil sur les bords des murs. Certes, les termites sont difficiles à repérer, mais quelques indices permettent de deviner leur présence :

l’existence de trous noirs, d’un demi-millimètre de diamètre, sur les panneaux de plâtre ou de bois ;

une plinthe ou un fragment de parquet qui cède ;

des galeries-voûtes en surface à l’extérieur ou à l’intérieur des maisons, sur les arbres morts ou les souches;

l’envol d’une partie de la colonie lorsque celle-ci se divise. Le termite qui essaime ressemble à une fourmi volante. Signe distinctif, ses antennes sont droites, alors que celles de la fourmi sont largement coudées

Si d’aventure vous repériez l’un de ces indi­ces, faites vite appel à un expert via le site de l’Observatoire national des termites, www. termite.com.fr

Le choix du bois

termites

 Les arbres européens sont peu résistants vis-à-vis des termites. Seul le duramen du robinier est peu sensible aux attaques, celui du chêne et du châtai­gnier est moyennement sensible. Le robinier sera donc privilégié à l’extérieur (terrasses, clôtures…). Utilisez éventuellement du bois traité anti-termites dans les parties basses des bardages extérieurs.

Veillez également à désolidariser du sol les ouvrages en bois : par exemple en employant une dalle en maçonnerie compacte, des plots en béton armé ou des films d’étanchéité (Thermifilm© par exemple, fait de polyéthylène imprégné de per- méthrine ou Termimesh©, composé d’une maille d’acier inoxydable) adaptés autour des fondations. Si vous construisez en bois, prévoyez des débuts de murs maçonnés, que les termites ne pourront pas franchir. Peignez les parties verticales des fonda­tions et les dessous de mur en teinte claire : vous pourrez ainsi déceler plus facilement les cordon­nets. Enfin, protégez vos canalisations extérieu­res par des collerettes ou des joints de protection enduits d’insecticides. Une autre méthode consiste à entourer les joints par du granit ou du verre concassé fin et coupant, donc infranchissable.

Appâter et piéger

Aujourd’hui, les professionnels de la lutte contre les termites proposent d’installer autour des maisons des pièges-appâts (Sentritech, Halo™ termites, Ensystex ..) remplis de cellulose conte­nant un insecticide (non-bio, mais il n’y a pas le choix •) qui bloque le développement des larves. L’insecticide est ensuite transmis à toute la colonie par échange de nourriture. La mise en œuvre est rapide, sans danger pour l’homme ou les animaux. Attention, cependant : vous trouverez aisément sur les sites de vente comme eBay des produits non-contrôlés. Méfiez-vous car certains de ces produits, contenant des insecticides interdits, sont très nocifs.

Dans le futur, des produits alternatifs plus res­pectueux pourraient faire leur apparition. Car, le fléau grandissant la recherche s’est mise au travail depuis quelques années déjà. Le |FCBA|(ex-CTBA, Centre technique du bois et de l’ameublement), le Cirad et l’INRA en ont fait un de leurs chevaux de bataille. Plusieurs produits prometteurs, tels l’Asam (un leurre exempt d’éco-toxicité, lire n° 176, page 63), transforment la cellulose en ester de cellulose, non assimilable par les insectes xylopha­ges. Des recherches sont également menées sur des matières actives présentes dans plusieurs bois résistants dont le cyprès.

En attendant, une idée alternative peu onéreuse consiste simplement à créer des petits tas de bois à bonne distance de la maison et de les inspecter régulièrement à la recherche d’indices de présence des termites. Et à rester sur le pied de guerre !