Espèces indigènes, espèces exotiques.

A l’intérieur d’un même pays comme la France, la même espèce végétale peut être à la fois indigène et exo­tique. Prenez le laurier-tin, un arbuste ornemental. On le trouve à l’état sauvage dans notre zone méditerranéenne (où il est donc indigène), mais vous le rencontrerez également à Rouen… dans les jardins (où il fait donc figure d’exotique). Les êtres vivants ignorent les fron­tières des hommes ! Certains s’adaptent même au point de faire figure d’indigènes.

Le châtaignier, par exemple, pousse dans les forêts nor­mandes. Sous ses faux airs de plante indigène, c’est en réalité une exotique dont le véritable berceau est l’Asie mineure. Sa propagation, très ancienne, est le fait de l’hom­me. On parle alors d’espèce « naturalisée » ou « subspon­tanée ».

Agressivité écologique

 

Cette naturalisation est pos­sible si l’espèce retrouve des conditions écologiques ana­logues à celles de son aire d’origine. C’est le cas du lilas (d’Europe du Sud-Est et d’Asie occidentale) sur nos pentes crayeuses. D’autres plantes se naturalisent facilement ´grâce à leur « plasticité », voire leur « agressivité », écologique couplée à l’absence de leurs ennemis naturels. L’exemple type en est, chez nous, Polygonum cuspidatum, une renouée introduite d’Extrême-Orient vers 1825. Elle se propage toute seule grâce à ses rhizomes traçants.

Naturalisées, les plantes exotiques peuvent prendre la place d’espèces indigènes. Leur intérêt écologique est moindre que celui des espèces locales. Alors que ces dernières possèdent un « cortège faunistique » de plusieurs dizaines d’espèces animales se nour­rissant d’elles, cela n’est pas le cas des exotiques, dont le « cortège » est resté dans le pays d’origine. Cela dit, nombre de plantes exotiques se révèlent, par exemple, de bonnes sources de nectar pour les abeilles ou les papillons : citons la phacélie et le buddleia.

Le brassage des êtres vivants a provoqué dans le passé nombre de catastrophes humaines, écologiques et économiques. Rappelez-vous le doryphore, qui était can­tonné au Colorado avant qu’il ne lui prenne l’idée de coloniser l’Ancien Monde à la suite de son aliment préféré, la pomme de terre (elle aussi originaire d’Amérique).

C’est un champignon micro­scopique d’origine américai­ne qui a rayé de la carte, au cours des dernières décen­nies, les ormes de nos haies. 11 avait traversé l’Atlantique, pense-t-on, dans une grume de bois.

Plus récemment, une algue exotique a défrayé la chro­nique. Caulerpa taxifolia envahit la Méditerranée, mais sait-on que Sargassum muticum, une algue d’origine japonaise fait de môme sur nos côtes normandes?

Quant à la tortue de Floride, animal d’aquarium originaire d’outre-Atlantique, elle hante à présent de nombreux plans d’eau et rivières de chez nous. La cause : des aquariophiles inconséquents, la trou­vant encombrante, l’y ont tout simplement relâchée massivement. La belle améri­caine, très à l’aise, concurrence maintenant la faune aquatique autochtone. Le jardin a toujours été un lieu de rendez-vous pour la flore du monde entier. Maïs, haricot, tomate, dahlia, zinnia, pomme de terre, liquidambar, etc. sont améri­cains d’origine.

L’Extrême- Orient nous a donné entre autres le pêcher, le ginkgo, la glycine, l’Asie occidentale la vigne, le cognassier, l’aman­dier, l’Afrique du Sud le pélargonium et le gerbera. Amusez-vous maintenant à recenser les plantes culti­vées dans votre jardin et à rechercher leur origine géo­graphique. Et essayez de vous imaginer ce que serait votre petit domaine si toutes ces espèces étaient restées sagement chez elles !

J’espère que cet article vous aura plus. N’oubliez pas de le partager sur vos réseaux sociaux, à la prochaine.

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