L’arbre, mèmoire vivante.

Devinette: qu’est-ce qui caractérise l’arbre en tant qu’être vivant, en dehors de sa grande taille et du fait qu’il possède un tronc, des branches et une écorce ? Réponse : sa durée de vie. Dans la plupart des cas, il survit à celui qui l’a planté. En Haute-Normandie, les plus vieux sujets — comme, par exemple, les célèbres ifs de Routot — auraient quinze siècles !

 

Une mémoire vivante

 

Première conséquence de cette longévité : l’arbre est un élément quasi permanent du paysage, auquel il donne son identité. Que serait notre région sans hêtres ni pom­miers ? ! En conséquence, l’arbre a l’obligation d’être parfaitement adapté au sol et au climat, sous peine de dépérir rapidement. La pré­sence de telle ou telle espèce est donc une signature du milieu. Le châtaignier — essence calcifuge — signale que le sol est acide. En revanche, là où pousse en abondance le frêne, le sol est neutre, voire calcaire. L’adéquation au climat local n’est pas moins rigoureuse.

 

Le facteur déterminant est en l’occurrence la résistance aux plus basses températures (rusticité). Si les essences locales possèdent, par défini­tion, la rusticité nécessaire à leur survie, ce n’est pas tou­jours le cas des arbres exo­tiques (tableau).

Autre conséquence de la longue durée de vie de l’arbre : il est une mémoire vivante du lieu où il poussée.

Témoin de l’histoire, comme le célèbre chêne d’Allouville. Mais aussi véritable enregis­trement du climat. Regardez une coupe de tronc : chaque cerne correspond à une sai­son de croissance. Plus le cerne est large et plus la croissance a été active. L’examen des séquences de cernes — dendrochronologie (du grec dendros, « arbre » et chronos, « temps ») — est un outil pour les historiens.

L’arbre menacé ?

Tout le monde aime les arbres. Les poètes les chan­tent. Le moindre abattage en ville provoque l’indignation de la population. Nombre d’actions de sensibilisation de la jeunesse à l’écologie reposent sur des plantations d’arbres. Tout se passe comme si les arbres devaient être défendus.

Certes, ils ont à souffrir nombre de fléaux :

pullulations de chenilles ravageuses, sécheresses, verglas,

tempêtes…Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’arbres dans notre pays ! Clé de ce paradoxe : la forêt cache par­fois… les arbres. Il est vrai que la forêt recule à l’échelle de la planète, au rythme de onze millions d’hectares per­dus chaque année.

 

 

Mais, dans les pays dévelop­pés, les surfaces boisées sont en augmentation. Il s’agit alors le plus souvent de sapi­nières de Douglas, de futaies de hêtres, voire de peuple- raies ou autres plantations denses d’une seule essence, dont l’impact paysager et écologique est discutable. En revanche, certains arbres sont réellement menacés : ce son les arbres « champêtres ».

Le frêne ou le vieux poirier qui marque le coin d’un champ, les pommiers à cidre en haute tige, les noyers iso­lés, ainsi que tous ceux qui constituent les haies boca- gères et les bosquets. Non rentables, ils font les frais de la modernisation de l’agricul­ture. C’est ainsi que nos fameux prés-vergers de pom­miers ont régressé de 60 300 à 48 900 hectares entre 1982 et 1990. Et notre région a perdu la moitié de ses haies entre les deux inventaires forestiers de 1980 et 1990.

 

Tous ces arbres jouaient r pourtant un rôle éco­logique essentiel : qualité du paysages, piège à pous­sières, habi­tat pour la faune, brise-vent, « piège à rosée », drainage, fixation de la terre, production de bio­masse et d’humus par assimi­lation chlorophyllienne du gaz carbonique, etc.

 

Veuillez visiter ce site Web

 

http://www.arbres.org/

 

Au Revoir

 

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