Les à-coups du cycle de l’eau

Soit il y a trop d’eau, soit il n’y en a pas assez ! Jardiniers et agriculteurs sont rarement satisfaits. C’est bien la preuve que la gestion de cette précieuse ressource est un des principaux enjeux de la survie de l’humanité.

La vie sur la planète Terre est née dans l’eau.

Et l’eau est indispensable à la vie. Au jardin, comme dans n’importe quel autre milieu, la stratégie des êtres vivants va consister à tirer le meilleur parti de l’eau disponible. Or, tout les jardiniers et tous les paysans le savent : soit il y a trop d’eau, soit… il n’y en a pas assez.

En Haute-Normandie comme dans le Sahel ou le delta du Gange, l’homme est condamné à gérer cet état de fait. C’est au niveau du sol que se concrétise l’excès ou la pénurie d’eau. En effet, le sol reçoit les précipitations et en stocke une partie. Il fonctionne comme une éponge grâce à ses composants colloïdaux : l’humus et les argiles.
D’autre part, c’est du sol que l’eau repart vers l’atmosphère. Frappant la surface, les rayons du soleil provoquent l’évaporation de l’eau. Les plantes participent au phénomène d’« évapotranspiration » en puisant l’eau grâce à leurs racines, puis en transpirant au niveau des feuilles.

Verts pâturages ou… « paillassons »
Sécheresse ? Humidité ? Cela dépend, bien sûr, des quantités d’eau qui sortent du sol ou qui y rentrent. Située sous climat océanique, notre région connaît une pluviosité plutôt élevée et relativement bien étalée sur l’année. Du moins en moyenne… Car on observe des disparités assez grandes:

Bolbec, par exemple, reçoit deux fois plus d’eau que certaines localités du sud de l’Eure. D’autre part, il y a des années où il pleut beaucoup , 1981, notamment , et d’autres, comme 1976, 1989 et 1990,  qui connaissent un grand déficit pluviomé-trique.
En année moyenne, nos précipitations estivales relativement élevées n’ont aucune peine à contrebalancer une évapotranspiration plutôt modeste du fait de ¡’ensoleillement réduit.

En juillet, les sols haut-normands nont habituellement perdu que la moitié de leurs réserves d’humidité, alors qu’au même moment dans le Midi, la terre arable ne contient pratiquement plus d’eau. Mais cet équilibre est fragile : en année déficitaire en eau, donc plutôt ensoleillée, nos verts pâturages normands peuvent se transformer en véritables paillassons… Une année sur cinq, au 31 août, nos terres n’offrent plus que 10 à 20 % de leur capacité.

Humus, haie, citerne
Une sécheresse est l’occasion de prendre conscience du bien-fondé d’une gestion de la terre « en bon père de famille ».
Celle-ci comprend l’entretien d’un niveau élevé du stock d’humus, mais aussi la plantation de haies.
Ces dernières évaporent de l’ordre de 3 mJ d’eau par mètre linéaire et par an, mais elles augmentent la rétention en eau du sol et, en ralentissant le vent, diminuent l’évapotranspiration.

Globalement, elles économisent de l’eau.

L’excès de précipitations empêche tout travail de la terre et favorise les maladies. Il est au moins l’occasion d’observer le comportement du sol. Si celui-ci conserve une structure poreuse, il permet l’infiltration de l’eau et un « ressuyage » rapide permettant de jardiner. C’est le cas lorsque le sol est suffisamment riche en humus et s’il est couvert par paillage ou engazonne-ment. Le sol nu se colmate très vite.

L’eau ruisselle alors en surface, d’où l’importance des fossés qui la canalisent. Tout jardin digne de ce nom possède sa réserve d’eau, du simple fût recueillant l’eau de pluie à la véritable citerne.

La toiture d’un bâtiment de 100 m2 au sol reçoit en moyenne à Rouen 80 mi d’eau. Récupéré et stocké, ce volume permet de remplir une cinquantaine d’arrosoirs par jour pendant toute la belle saison, soit plus qu’il n’en faut pour un jardin ordinaire.


Le jardin est sensible à la sécheresse parce qu’il abrite nombre de plantes à enracinement superficiel, qui n’ont pas accès aux réserves d’eau du sous-sol : graminées de la pelouse, cultures potagères et fleurs annuelles.
En revanche, les arbres et les arbustes sont beaucoup plus résistants au manque de précipitations — sauf dans les premières années de leur vie — du fait de leur enracinement profond.

Le sol, station d’épuration

Vous et votre famille rejetez des eaux « usées », autrement dit sales : eaux grises (évier, douche…) et eaux-vannes (fosse septique).
Gela fait partie du cycle de l’eau. Depuis les origines, la nature salit l’eau par les déjections animales, la chute des feuilles mortes, les particules de terre issues de l’érosion, etc. Elle assure ensuite son épuration : décantation dans les cours d’eau, « digestion » par les micro-organismes présents dans le sol et dans l’eau, oxydation par l’air, évaporation puis condensation en pluie, etc.
A moins que votre domicile ne soit raccordé à un réseau d’égouts, aboutissant lui-mcme à une station d’épuration, vos eaux usées partent donc… dans le jardin. Si le terrain est très poreux (craie fissurée ou sable) et que les eaux usées s’écoulent dans un simple trou (puisard), vos eaux usées vont rejoindre les eaux souterraines et les polluer.

En terrain moins perméable (limon des plateaux, argile à silex), elles vont être filtrées plus efficacement, mais leur évacuation va être moins facile.
La loi (règlement sanitaire départemental) impose à chacun d’assurer l’assainissement de ses eaux usées.
Le « plateau absorbant » , un des systèmes appropriés, utilise le pouvoir évaporant des plantes, celles-ci absorbant également certaines substances polluantes comme les nitrates et les phosphates. L’« épandage souterrain », quant à lui, tire parti du pouvoir épurateur du sol, et facilite l’infiltration. Certaines petites collectivités épurent leurs eaux usées grâce à un système de mares : c’est le lagunage.

Au Revoir

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