Les  chemins détournés de la pollution

 

Nitrates, polychlorobiphényles, lindane, plomb, cad­mium, cuivre, particules de PVC, éléments radioactifs, etc. ne représentent qu’un échantillon des contaminants qu’il est possible de détecter dans le moindre carré de ver­dure, même éloigne des usines, villes, routes à grande circulation. Le jardin reçoit la même pollution diffuse que n’importe quelle autre parcelle d’une région donnée. Et il engendre lui-même une pollution dès que le jardinier traite, fertilise, tond la pelou­se…

Pas de panique, cependant !

Il y a pollution et… pollu­tion. Toute vie engendre des déchets plus ou moins nocifs, ne serait-ce que des déjec­tions ou du gaz carbonique, et toute activité humaine entraîne un minimum de pol­lution. Comme nous le ver­rons plus loin, la nature a « prévu » des moyens pour éliminer cette pollution. Mais le problème, c’est que l’homme invente sans cesse de nouvelles manières de polluer.

Trop de nitrates

Prenez l’exemple des nitrates. Il y en a toujours eu dans la nature, puisque ces com­posés sont les principaux aliments azotés des plantes. Ils arrivent avec les pluies d’orage, sont fabriqués à partir de l’azote de l’air par les plantes de la famille des Légumineuses, et sont issus de la décomposition naturelle des déchets orga­niques. On les a considérés comme des polluants à partir du moment où il y en a eu de trop. Trop dans les légumes gorgés d’engrais. Trop dans l’eau, car trop dans les sols bourrés des mêmes engrais.

Les conséquences de ce « trop » sont difficiles à mesurer, mais on suspecte l’excès chronique de nitrates de favoriser l’apparition du cancer. Chez les nourris­sons, les nitrates, et leurs dérivés les nitrites, présents dans les aliments, peuvent provoquer une pathologie grave : la méthémoglobiné­mie. Sans oublier l’impact des nitrates sur les milieux aquatiques, notamment la prolifération d’algues vertes, qui profitent de cet enrichis­sement de l’eau (eutrophisa­tion). Résultat : les nitrates sont devenus un des enjeux majeurs de la qualité de l’eau.

Biodégradation et accumulation

Notre génie créatif à fait naître des produits totale­ment nouveaux, souvent très utiles, mais qui sont devenus autant de polluants en plus : pesticides chimiques de syn­thèse, plastiques, etc.

Les molécules sont tellement nombreuses et variées qu’il est impossible de prévoir toutes les conséquences de leur utilisation sur la santé humaine et sur l’environne­ment ! Certaines sont inof­fensives, d’autres sont des poisons qui, même à faible dose, perturbent la reproduc­tion des organismes aqua­tiques, détruisent la micro­faune du sol, ou bien encore provoquent des mutations génétiques et des malforma­tions congénitales chez les animaux, ou des cancers chez l’être humain.

Par exemple, le thiophanate méthyl et le bénomyl, deux produits proposés aux jardiniers pour lutter contre les maladies des plantes, ont pour effet d’inhiber l’acti­vité bénéfique des vers, et môme, à dose plus forte, de les tuer.

Une fois libérées dans l’envi­ronnement, les substances polluantes sont nombreuses à transiter par le sol du jar­din. Celui-ci assume alors tant bien que mal la mission de « station de retraitement » qui lui est imposée. Grâce aux innombrables micro- organismes quelle renferme, la terre assure la biodégrada­tion de molécules d’insecti­cides, herbicides, etc.

Au mieux, elle rend à la nature des composés simples et inoffensifs comme le gaz carbonique ou les phosphates. Au pire, la biodégradation est très lente, voire nulle, et les composés nocifs s’ac­cumulent. Après l’accident de Tchernobyl, par exemple, on a vu du thym et des champignons se bourrer de césium radioactif arrivé dans le sol via la pluie… et quasi indestructible.

Au jardin, ce sont les vers de terre, de par leur façon de s’alimenter, qui concen­trent le plus de poisons.

S’ils survivent, ils contami­nent à leur tour les musa­raignes et les merles qui se nourrissent d’eux, et plus encore les carnivores et rapaces qui sont leurs préda­teurs. Cette bioaccumulation des polluants a des répercus­sions néfastes sur les ani­maux qui sont en bout de chaîne alimentaire. Et, juste­ment, l’homme fait partie de cette catégorie…

 

 

 

 

 

 

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