Les termites: Une société très organisée

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A l’heure ou l’aire de répartition des termites ne cesse de s’étendre, les problèmes que posent ces redoutables insec­tes xylophages deviennent de plus en plus préoccupants Aujourd’hui, s’il n’est pas possible de les combatre sans avoir recours a des produits chimiques, on peut toutefois envisager les solutions les moins dommageables pour notre environnement Pour cela, la première chose a faire est de bien connaître son “ennemi” *

Les termites: Une société très organisée

 

Les termites sont des insectes vivants en sociétés organisées qui se nourrissent de cellulose sous toutes ses formes arbres, bois mort, bois œuvre, papier, textile et jusqu’au carton des panneaux de plâtre (“placo”) Deux des cinq especes sévissant en France sont des termites souterrains qui occasionnent de plus en plus de dégâts aux habitations. Les départements les plus concernés sont les départements des littoraux atlantique et méditerranéen, les départements pyrénéens, les départements bordant la Loire, la Garonne et le Rhône (voir carte 1). La progression vers le Nord et le Nord-Est est rapide, à tel point que les pays limitrophes ont pressé la France de réagir. Une loi appelée “loi xylophages” est ainsi entrée en application en 2000 (lire encadré).

Efficacité discrète

 Voici les caractéristiques qui vont permettre de comprendre la façon dont ces insectes se nour­rissent et se propagent ainsi que les moyens de s’en protéger.

Le nid initial des termites, appelé termitière, est généralement du bois mort au contact de la terre. Les termites ont besoin d’un sous-sol humide pour s’étendre à la recherche de cellu­lose. Les termites-ouvriers, chargés de nourrir les larves, et les soldats, protecteurs de la colonie, sont dépigmentés. Craignant la lumière, ils creu­sent leurs galeries sous terre. Toutefois, quand un obstacle infranchissable se dresse devant eux, les termites n’hésitent pas à créer des galeries-voûtes ressemblant à de fin cordonnets, sous lesquels ils pourront travailler à l’abri du rayonnement solaire. Ils pénètrent dans les maisons par les fissures ou en longeant les canalisations, où ils pourront se nourrir et s’approvisionner de façon discrète en créant des dommages importants.

Dans les départements infestés ou menacés, il faudra avant toute chose vous renseigner auprès de votre mairie. Car si une présence critique d’in­fection a été constatée dans votre commune ou dans des communes proches, votre mairie aura reçu un arrêté préfectoral délimitant les zones

Comment lutter?

Il faut d’abord bannir toute forme d’humi­dité à proximité de votre maison. Prévoyez une évacuation lointaine des eaux de pluie, éloignez des habitations les puits perdus, mares, drains filtrants et tout autre ouvrage où l’eau stagne. Entretenez les sources potentielles d’humidité, en particulier les chenaux, descentes d’eau, regards… Débarrassez-les des feuilles, mousses et autres matières qui pourraient les boucher. Évitez les fûts de récupération d’eau de pluie sans trop plein canalisé. Vérifiez régulièrement la bonne circula­tion de l’air dans les vide-sanitaires.

Et puis, bien évidemment, il ne faut pas dres­ser le couvert aux termites ! Evitez de conserver des tas de bois, des souches, du carton ou des végétaux morts en contact direct avec le sol à proximité de la maison. Stockez votre bois de chauffage à l’extérieur, loin de l’habitation, sur un support maçonné (parpaings posés au sol). Si vous récupérez du bois mort, brûlez-le rapidement. Et enfin, videz les caves de vos vieux livres, cartons et chutes de moquettes…

Dans les départements les plus exposés, il va falloir garder un œil sur les bords des murs. Certes, les termites sont difficiles à repérer, mais quelques indices permettent de deviner leur présence :

l’existence de trous noirs, d’un demi-millimètre de diamètre, sur les panneaux de plâtre ou de bois ;

une plinthe ou un fragment de parquet qui cède ;

des galeries-voûtes en surface à l’extérieur ou à l’intérieur des maisons, sur les arbres morts ou les souches;

l’envol d’une partie de la colonie lorsque celle-ci se divise. Le termite qui essaime ressemble à une fourmi volante. Signe distinctif, ses antennes sont droites, alors que celles de la fourmi sont largement coudées

Si d’aventure vous repériez l’un de ces indi­ces, faites vite appel à un expert via le site de l’Observatoire national des termites, www. termite.com.fr

Le choix du bois

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 Les arbres européens sont peu résistants vis-à-vis des termites. Seul le duramen du robinier est peu sensible aux attaques, celui du chêne et du châtai­gnier est moyennement sensible. Le robinier sera donc privilégié à l’extérieur (terrasses, clôtures…). Utilisez éventuellement du bois traité anti-termites dans les parties basses des bardages extérieurs.

Veillez également à désolidariser du sol les ouvrages en bois : par exemple en employant une dalle en maçonnerie compacte, des plots en béton armé ou des films d’étanchéité (Thermifilm© par exemple, fait de polyéthylène imprégné de per- méthrine ou Termimesh©, composé d’une maille d’acier inoxydable) adaptés autour des fondations. Si vous construisez en bois, prévoyez des débuts de murs maçonnés, que les termites ne pourront pas franchir. Peignez les parties verticales des fonda­tions et les dessous de mur en teinte claire : vous pourrez ainsi déceler plus facilement les cordon­nets. Enfin, protégez vos canalisations extérieu­res par des collerettes ou des joints de protection enduits d’insecticides. Une autre méthode consiste à entourer les joints par du granit ou du verre concassé fin et coupant, donc infranchissable.

Appâter et piéger

Aujourd’hui, les professionnels de la lutte contre les termites proposent d’installer autour des maisons des pièges-appâts (Sentritech, Halo™ termites, Ensystex ..) remplis de cellulose conte­nant un insecticide (non-bio, mais il n’y a pas le choix •) qui bloque le développement des larves. L’insecticide est ensuite transmis à toute la colonie par échange de nourriture. La mise en œuvre est rapide, sans danger pour l’homme ou les animaux. Attention, cependant : vous trouverez aisément sur les sites de vente comme eBay des produits non-contrôlés. Méfiez-vous car certains de ces produits, contenant des insecticides interdits, sont très nocifs.

Dans le futur, des produits alternatifs plus res­pectueux pourraient faire leur apparition. Car, le fléau grandissant la recherche s’est mise au travail depuis quelques années déjà. Le |FCBA|(ex-CTBA, Centre technique du bois et de l’ameublement), le Cirad et l’INRA en ont fait un de leurs chevaux de bataille. Plusieurs produits prometteurs, tels l’Asam (un leurre exempt d’éco-toxicité, lire n° 176, page 63), transforment la cellulose en ester de cellulose, non assimilable par les insectes xylopha­ges. Des recherches sont également menées sur des matières actives présentes dans plusieurs bois résistants dont le cyprès.

En attendant, une idée alternative peu onéreuse consiste simplement à créer des petits tas de bois à bonne distance de la maison et de les inspecter régulièrement à la recherche d’indices de présence des termites. Et à rester sur le pied de guerre !

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